Sodome et Gomorrhe

God’s Business

Vous les avez sans doute croisés. Dans vos rues, dans vos radios, dans vos ordinateurs ou dans votre télévision. Parfois même dans l’école de vos enfants, dans votre lycée, dans votre université, parfois aussi sur votre lieu de travail. Les cons. Une colonie de bonobos qui font semblants d’être nombreux juste parce qu’ils sont partout. Recrutés dans les dernières paroisses pleines de nos villes, un peu aussi dans les mosquées, les synagogues, les temples – et autres lieux de réunions où l’on cultive avec douceur la haine du prochain – nourris à l’Ostie, ils défilent le sourire aux lèvres pour vous expliquer du haut de leur grande expérience qui vous devez haïr, et avec qui vous devez baiser.

Dirty Pöp / Salement Pöp : POP FREAKS

Voilà quelques années maintenant qu’une nouvelle génération d’artistes pop, venus de divers milieux et horizons musicaux (metal, rock, electro, pop) viennent bousculer discrètement les codes d’une musique devenue au fil des décennies de plus en plus consensuelle et passe-partout, surtout l’occasion pour les majors de faire du fric facile et de la musique sans risque de controverse. Ces artistes s’autoproduisent, galèrent dans les clubs pendant des années, ont parfois une petite réputation dans les milieux underground avant d’être découvert par un mécène prestigieux. Le plus célèbre exemple? Lady Gaga qui, quoiqu’on en pense, a révolutionné la musique pop en s’affranchissant de ses codes (rythme, sonorités, format radio…etc). Mais elle n’est pas la seule.

Liberté de conscience dans mon quart d’heure de gloire

AH! Cela faisait longtemps, mes très chers lecteurs, que je n’avais point parlé en roue libre de sujets de société, de politique, ou de tout ça en même temps. On m’avait glissé à l’oreille que j’en parlais beaucoup trop souvent….
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Louise Erdrich – Le jeu des ombres

Mes chers amis. J’ai pensé que ça manquait vraiment de livres, par ici. Je veux dire: il est bien clair que c’est un blog littéraire, dans le sens où j’y consigne les pires de mes déviances dans des textes que personne ne lit, ou presque. Mais paradoxalement, j’écris assez rarement sur les déviances des autres. Et, bon, je parle de déviance parce que pour moi la littérature est par essence une déviance. Elle n’existe que pour empêcher le monde de tourner correctement, dans une trajectoire trop lisse, trop droite, trop parfaite. La littérature existe pour frapper. Et c’est donc pourquoi j’ai pris la résolution de faire part des mes lectures un peu plus souvent.

Dirty Pöp : So blues, so swing

Pop War rechange de nom. A la demande général du Cri du Peuple – qui a honteusement précipité ce nouveau numéro avec un billet absolument sexuel sur Beyoncé – cette chronique est rebaptisée Dirty Pöp, comme à ses débuts. Fidèle…
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Ta mort heureuse, etc.

J’ai posé dans ma tête un contrat sur ton visage, afin que mes fantôme sachent: s’ils te voient, ils te tuent. Et quand j’aurai trouvé où se cache ton souvenir, quand j’aurai découvert quelle partie de ma tête tu as parasité, quand j’aurai débusqué la source, je t’exterminerai. Je paierai mes fantômes-à-gage en larmes de rire, m’exilerai dans ce cirque au son d’un accordéon malade, et je partirai, confiant à tout ce bruit le soin de t’oublier. Avorter ce sentiment fauve, cet embryon d’affection qui perce ma tête et parasite mes idées. Que l’oubli soit ta mort heureuse.

Stephen King: le fascisme sous le “Dôme”

Il est assez courant de penser Stephen King comme un simple écrivain divertissant. Tout juste lui accorde-t-on le génie nécessaire pour raconter de bonnes histoires d’horreur. Stephen King est pourtant un écrivain majeur de la littérature américaine, et ses livres ne s’arrêtent pas à la description talentueuse de phénomènes surnaturels, mais dessinent toujours une fresque sociale minutieuse, portée par des personnages profonds et complexes, fresque décrivant les rapports souvent compliqués entre classes et générations, les coulisses plus sombres du “rêve américain”, et l’individualisme profondément ancré dans la culture américaine. Dôme, colossal roman de plus de 1000 pages, n’échappe pas à cette règle, mais est aussi et surtout une terrifiante chronique de la montée du fascisme.

Au commencement, ce n’était pas de la douleur

J’ai regardé la corde. Je respirais. Je respirais et j’ai regardé la corde comme si elle était déjà souillée de mon sang. Cette fine corde. Fine corde. La veille, la musique, j’emportais avec moi les cris de quelqu’un d’autre. Un vacarme allant et venant, crochetant, se fermant, se rouvrant en cadence, petite lueur dans la frêle mélodie, crescendo et puis finale, dernier souffle, de toute façon la première fois n’est jamais qu’une répétition. Et le crime jamais qu’une partition. La vie. Le compositeur. Je ne suis que deux mains sous une tête de douleur. Le trottoir dur sur lequel je me prostitue, le béton et les pavé de la musique et de la littérature.