Sodome et Gomorrhe

Poésie

Je vois venir l’aube brune

aubebrune

Je vois venir l’aube brune, une clameur sourde éblouie, l’oiseau clair des certitudes
Qui vole en cercle dessus la brume.
Qui aveugle et promet,
Qui voit l’avenir radieux, et le soleil.

 

Je vois venir l’aube brune, sous son aile confortable,
Sous son regard de fer
Sous son regard fier,
Un trésor dans ses yeux,
Qui aveugle et promet.
L’avenir radieux, et le soleil.

 

Je vois venir l’aube brune,
Le vacarme des bottes,
Le rouge puissant des saignées.
Le poison clair des certitudes,
Qui aveugle et promet.
L’avenir radieux,
Et la poudre…

 

Je vois venir l’aube brune,
Et le sang, les barbelés,
Je vois venir l’aube brune,
La haine au ventre comme une plaie

 

Un sourire rouge sur ta peau

 

Je sens venir comme ses serres
Plantées dans mes yeux vides
Je sens venir l’aube brune,
Le poison clair des certitudes

 

L’oiseau rieur de la lumière
Qui aveugle et éblouit
Qui promet l’avenir radieux
Dans ton regard assombri

 

Je vois venir l’aube brune
Je vois venir l’aube brune
C’est par ta voix qu’elle jaillit.



Oskar Kermann Cyrus

Des deux côtés du canon

J’avais perdu les mots.

J’ai écrit et tout rayé, probablement des dizaines de fois. Sur le papier. Le clavier m’est devenu insupportable, il fallait que j’écrive, oui, mais que j’écrive à la plume. Avec l’arme. Avec mon arme. Celle que j’ai choisie quand j’ai renoncé à commettre un vrai massacre. Quand j’ai décidé que le but de ma vie serait de montrer que la violence des mots est plus meurtrière que la violence des armes. (suite…)